Le château de Joux est un monument exceptionnel et unique, témoin de 1 000 ans d’histoire de la fortification et haut lieu de mémoire de la libération des peuples.

Consciente de sa qualité, la Communauté de Communes du Grand Pontarlier, propriétaire et exploitant du site, a lancé un ambitieux programme de valorisation scientifique, touristique et culturelle de ce monument historique singulier. Ce programme s’échelonne sur 10 ans, de 2020 à 2030. Il s’articule autour de deux thématiques historiques : l’évolution de la forteresse et la lutte pour la conquête des libertés. Ces thématiques se concrétiseront dans l’aménagement du site, l’offre culturelle, événementielle et la politique scientifique.

LE PROGRAMME DE VALORISATION

Le programme propose de raconter et mettre en scène l’histoire de la forteresse, des frontières et de la conquête des libertés ; de développer une offre culturelle collaborative, ouverte à la création contemporaine, destinée à tous les publics ; de conserver et d’enrichir patrimoine et collections d’intérêt national et régional.

Il comprend la restauration du château ainsi que l’ouverture aux publics d’espaces, pour le moment, non accessibles à la visite. Il prévoit la création de trois musées dans l’enceinte du château. Le premier, espace d’interprétation sur la thématique « forteresse et libertés », racontera les étapes de construction du château, depuis le Moyen-âge jusqu’au 19e siècle. Le deuxième, musée d’art et d’histoire militaire, mettra en scène un ensemble exceptionnel d’armes, de coiffures, d’équipements militaires et de peintures de 1717 à 1917. Enfin, le troisième musée sera consacré au thème des libertés, de la libération des peuples et de la création artistique antillaise et africaine autour de la mémoire de Toussaint Louverture.

Ce programme a reçu pleinement le soutien de la Direction Générale des patrimoines du Ministère de la Culture en mai 2019.

Développé sur 10 ans (2020 – 2030), il mobilisera environ 30 millions d’euros, dont une partie sera issue de financements publics. Pour atteindre pleinement ses objectifs, le programme a aussi besoin du soutien de donateurs, de mécènes et de partenaires.

FORTERESSE ET LIBERTÉS

L’espace d’interprétation « Forteresse et libertés » est conçu comme une introduction à la visite pour une présentation d’ensemble du site. Plan-relief, plans du 17e siècle au 20e siècle, maquette tactile, arts graphique, tableaux… permettront de découvrir l’évolution de l’architecture du château, les différentes étapes de construction, son adaptation aux progrès de l’armement et de l’art militaire. Ses collections témoigneront également de la perception du château dans l’imaginaire collectif : du château-fort médiéval à la place forte militaire, du château romantique au monument historique. Enfin, elles mettront en lumière quelques prisonniers du château qui ont marqué l’histoire du combat pour les libertés, tels que Mirabeau et Toussaint Louverture.

Le magasin à poudre de la 5e enceinte restauré permettra de mettre en scène ces collections dans de bonnes conditions.

LE MUSEE D’ART ET D’HISTOIRE MILITAIRE

La collection d’art et d’histoire militaire du château de Joux est classée au 3e rang mondial. Elle compte un ensemble d’armes et d’uniformes de 1717 à 1917, dont certaines pièces majeures : le premier fusil réglementaire de 1717, des coiffures et armes de la Garde impériale de Napoléon 1er et des Cent-Gardes de Napoléon III, des coiffures des mousquetaires de la Restauration…

Constituée à partir de la collection réunie par Jules-Constant Doresse, directeur de l’école des Arts et Métiers de Courbevoie, de 1910 à 1935, elle fut acquise par le Syndicat d’Initiative de Pontarlier pour être exposée au château de Joux en 1957. En 2015, l’intégralité des armes et uniformes a été déplacée au Musée de Pontarlier, en urgence pour des raisons de conservation. Depuis la collection est protégée au titre des « Musées de France ». Le Musée de Pontarlier prend en charge sa restauration, sa conservation, sa gestion et sa valorisation, en attendant son retour au château.

En 2016, une première exposition de préfiguration « Deux Comtois dans la Garde de Napoléon » témoigne de deux destins de Franc-Comtois enrôlés dans l’armée révolutionnaire en 1792, qui ont gravi tous les grades militaires jusqu’à intégrer la prestigieuse garde impériale. La deuxième exposition de préfiguration, programmée en 2021, commémorera les 150 ans de la retraite de l’armée de l’Est du général Bourbaki à la fin de la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

Ces expositions invitent le public à retrouver les collections d’art et d’histoire militaire dans l’attente de la création du nouveau musée, innovant, participatif et ouvert à tous, dans les casernes Vauban du château. Ce nouveau musée plongera le visiteur dans l’art de la guerre, ses acteurs et ses enjeux du 18e siècle au début du 20e siècle, et dans la vie de la garnison du château, place-forte frontalière de montagne. Deux épisodes marquants permettront de tisser des liens forts avec les Musées Suisses : les sièges du château de Joux par les Suisses en 1475 et 1815 et la retraite de l’Armée de l’Est en Suisse en 1871.

LE MUSEE D’ART HAÏTIEN

En tant que dernière demeure de Toussaint Louverture, le château de Joux est un lieu de mémoire de la lutte pour l’abolition de l’esclavage. A ce titre, il a tissé des liens forts avec la Communauté haïtienne.

En 1992, à l’occasion des 500 ans de l’arrivée de Christophe Colomb aux Amériques, l’Association Afrique en Création, sous le commissariat de Jean-Marie Drot, a commandé 75 toiles à des artistes haïtiens pour raconter l’histoire de leur île. Après avoir parcouru le monde entier, ces 75 peintures ont été données à la Communauté de Communes du Grand Pontarlier pour le château de Joux, en 2016.

Ces peintures seront présentées au sein de la première enceinte du Château, dans le donjon à proximité du bâtiment des prisons où se situe la cellule de Toussaint Louverture. D’une manière vivante et contemporaine, elles feront connaître l’histoire haïtienne et le combat de Toussaint Louverture pour la liberté de son peuple, des esclaves et toutes les populations colonisées. Des expositions temporaires d’artistes contemporains valoriseront l’art des Caraïbes ou d’Afrique.

EN SAVOIR PLUS SUR LES CHANTIERS

Les chantiers programmés sont :

  • La restauration du monument historique et des abords, cadre dans lequel vont s’inscrire les Musées, les espaces et outils d’animation culturelle (250 pièces et 2 hectares bâtis)
  • La mise en place d’un parcours de visite libre sur l’ensemble du château :
  • L’aménagement des circulations, de l’accessibilité, de l’environnement sont prioritaires
  • La mise en sécurité
  • La valorisation grâce à un compagnon de visite numérique (application web, accessible à tous avec des contenus en audio-description, sous-titrage, FALC)
  • La conception des trois espaces muséographiques et de leurs parcours :
    1. Un espace d’interprétation dédié à l’architecture, la fortification de la frontière en moyenne montagne
    2. Un musée d’art et d’histoire militaire
    3. Un musée d’art haïtien et espace de mémoire de Toussaint Louverture
  • L’adaptation des salles pour de bonnes conditions de conservation et la mise en scène des collections
  • La création des supports pédagogiques
  • La restauration, préservation et conservation des collections (1300 objets pour les armes, uniformes, maquettes et équipements militaires, plus de 70 peintures haïtiennes…dans la perspective de leur présentation au public)
  • La poursuite et le renouvellement d’un programme d’animations pédagogiques et culturelles avec :
    1. La création d’espaces d’accueil et troisième lieu dédiés à des activités pédagogiques et de médiation
    2. Des expositions temporaires
    3. La conception et la réalisation des saisons culturelles et artistiques ouvertes à la création contemporaine, aux familles, aux jeunes : festival des Nuits de Joux, concerts, visites nocturnes théâtralisées…
  • « L’éco conception » de l’ensemble des équipements du site, pour en faire un équipement culturel « citoyen », sobre en énergie, responsable et durable
    1. Accessible, « lisible » et perceptible pour les personnes en situation de handicap (handicaps physiques et sensoriels)
    2. Espaces herborisés, parkings adaptés
    3. Traitement et gestion de l’eau
    4. Conception et mise à disposition d’espaces « privatisables » pour les besoins d’activités associatives.