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Visite du chantier de restauration des toitures des tours Mirabeau et de l’Horloge

Un peu d’Histoire…

Construite à la fin du XVe siècle et participant à la défense de la première enceinte, la tour Mirabeau subira en 1616 une explosion détruisant cette dernière à mi-hauteur. Reconstruite en 1637, un important incendie ravagera la toiture en 1775, nécessitant la reprise complète de la charpente et de sa couverture en 1778. C’est sur cet ouvrage de la fin du XVIIIe siècle que les travaux ont d’abord commencé, ils se poursuivront tout au long de l’été en parallèle de ceux de la tour de l’Horloge.

Citée dans les documents d’archives du début du XVIIe siècle et figurant sur l’iconographie de la seconde moitié du XVIIe siècle, la tour de l’horloge verra sa toiture intégralement reprise en 1840, les bois de charpentes étant alors essentiellement des pièces de réemploi de la fin du XVIIe siècle. Avec son clocheton visible de loin, la tour de l’Horloge constitue pour le château de Joux un élément identitaire fort qui sera dépouillé de son horloge et de sa cloche dans la première moitié du XXe siècle.

Chantier en cours…

Après avoir été déposées, les tuiles ont fait l’objet d’un tri permettant de remployer jusqu’à 25 % de l’ancienne couverture. Les arases de maçonneries des deux tours ont été reprises par les maçons pour assurer une surface de pose plane et stable à la charpente.

L’état sanitaire de la charpente de sapin / épicéa, réalisé à l’issue de cette mise à nue, a permis de confirmer les pièces de bois nécessitant l’intervention des charpentiers.
Deux options se présentent suivant l’état sanitaire des pièces de charpentes :

  • Si l’altération de la pièce n’est que superficielle ou n’impacte qu’une partie faible de cette dernière, une « enture » est réalisée. On vient alors supprimer la partie malade pour la remplacer par un bois neuf qui sera greffé sur la pièce de charpente ancienne.
  • Si l’état général de la pièce de bois est trop altéré et que toute réparation pourrait nuire à la stabilité de la charpente ou à la pérennité de l’ouvrage, la pièce est alors intégralement changée.

Après avoir été intégralement consolidées et révisées, les deux charpentes seront parées de leurs couvertures en tuiles qui associera 25 % de tuiles de réemploi pour 75% de tuiles neuves.
Particulièrement complexes, ces couvertures nécessitent l’emploi de tuiles de différentes formes : Rectangulaires, écailles, queue de castor, pointe de lance, écornées…
Cette diversité dans les formes mais également dans leurs teintes témoigne, à l’image de la couverture d’origine, d’une longue vie et de réparations multiples. Le soin apporté dans le choix des formes et des teintes des nouvelles tuiles est particulièrement important afin de pouvoir conserver cet élément identitaire et restituer une couverture s’harmonisant avec celle des autres bâtiments.

En parallèle de ces travaux, la tour de l’Horloge retiendra l’attention par la remise en place d’une cloche et d’un système d’horloge accompagné de son cadran. Ces installations permettront à nouveau de rythmer la vie du château à l’image des XVIIe – XIXe siècle où les différents temps de la journée de la garnison étaient donnés au son de la cloche.
Enfin l’ancienne galerie en bois permettant d’accéder au mécanisme d’horloge sera restituée. Cette dernière avait été déposée au milieu du XXe siècle. Les garde-corps assurant la sécurité de l’escalier d’accès à la tour Mirabeau feront quant à eux l’objet d’une restauration complète.

Un chantier rendu possible grâce au savoir-faire de plusieurs entreprises locales et spécialisées : BERTRAND CONSTRUCTION BOISHUSSOR ERECTA SECLIN (charpente & échafaudages), JACQUET MACONNERIE, PRÊTRE ET FILS (électricité et & campanaire) et STC JUNIER (ferronnerie).

Maitrise d’ouvrage : Direction de l’Immobilier, de la Forêt et de l’Energie (CCGP)

Maitrise d’œuvre : Groupement Agence Archipat, Architectes du patrimoine : Pierre-Alexandre Ferry / Philippe de la Chapelle.

Coordinateur SPS : Blondeau ingénierie

Avec le soutien financier de la D.R.A.C. – Direction Régionale des Affaires Culturelles de la Région Bourgogne-Franche-Comté. Grâce au soutien financier de Dassault, Histoire et Patrimoine, la Fondation du patrimoine participe à la restauration du Château de Joux.

© V. Metral